Projet d’appui au passage à l’échelle de la PCIMA au sahel

1-Contexte

Selon un schéma largement reconnu, les causes immédiates de la malnutrition aiguë se situent dans :
- Des pratiques alimentaires inadéquates : l’incidence des cas chez les enfants en bas âge montre comment la carence en macronutriments soit préjudiciable pour le développement de leur orga-nisme. La période la plus délicate est celle du sevrage, parce que souvent les aliments complémen-taires ne sont pas suffisamment riches en nutriments essentiels.
- La faible application de l’allaitement maternel exclusif : dans la Région Sanitaire (RS) du Sahel seule-ment 14% des nourrissons de 0-6 mois en bénéficient1, ce qui présente un double risque : les empê-cher de recevoir tous les nutriments nécessaires à leur développement, en les exposant en plus à des infections gastro-intestinales, et permettre la reprise de l’ovulation chez la mère, en l’exposant à la possibilité d’une nouvelle grossesse – ce qui bloquerait abruptement la sécrétion de lait.
- Certaines maladies empêchant la correcte absorption des nutriments (diarrhée) ou causant des états anorexiques (paludisme) menant à la malnutrition, dont elles sont en même temps des complica-tions.
Ce cadre s’installe dans un contexte caractérisé par l’habitude à l’accès tardif au système de santé, ce qui fait que les cas qui arrivent aux formations sanitaires présentent souvent des affections à un stade plutôt avancé. Selon l’EDS IV 2010, au Burkina Faso le ratio de mortalité maternelle est de 341 pour 100.000 naissances vivantes, le taux de mortalité 0-12 mois est de 65 pour 1000 naissances vivantes et celui de la mortalité 0-59 mois de 129 pour 1000 naissances vivantes. Les décès infanto-juvénile sont dus à la pneumonie (24%), au paludisme et autres infections (20%), à la diarrhée (19%), aux causes néonatales (18%), au VIH/SIDA (4%) et à la rougeole (3%) ; dans 54% des cas, ces décès surviennent sur un terrain de malnutrition2. Celle-ci constitue donc un obstacle majeur à la réalisation du droit à la santé qui, selon la Convention relative aux droits de l’Enfant (et spécifiquement l’article 24), fait partie des droits humains ; au Burkina Faso ces droits semblent encore lointains pour une bonne partie de la population.

Depuis 2012, le Burkina Faso s’est inscrit dans la stratégie PCIMA, dont le principe est de ramener les soins au niveau le plus rapproché possible. Le projet Appui au Passage à l’Echelle de la PCIMA au Sahel (APE/PCIMA Sahel) suit cette dynamique, en proposant des actions de proximité au niveau communau-taire ainsi que un appui technique aux Équipes Cadre de District (ECD) pour le suivi sur les niveaux ambu-latoire et interne.

La présente proposition vise à renforcer chaque niveau par des actions spécifiques de formation, respon-sabilisation et passage de compétences, afin de renforcer durablement la gestion du parcours de PEC par les DS. Les actions déployées visent à responsabiliser dès le début les équipes cadre des districts dans la supervision formative et le monitoring du système intégré à l’échelle district et région sanitaire, afin d’assurer la durabilité des impacts après la fin de l’intervention.
Dans son approche de renforcement de chaque niveau, elle s’inscrit dans la politique nationale de nutrition adoptée en 2007, dans le plan stratégique de nutrition 2010-2015 (prévoyant la surveillance et la prise en charge nutritionnelle, la promotion de l’alimentation optimale du nourrisson et du jeune enfant). Elle est également en harmonie avec les orientations du Gouvernement telles qu’exprimées dans la SCADD, notamment pour ce qui concerne l’importance donnée au niveau communautaire (sensibilisa-tions, formation et accompagnement aux ASC), le renforcement des capacités des DS et des agents de santé pour améliorer la PEC des MAS en milieu rural (meilleure coordination des références et contre-références, vulgarisation et suivi de l’application des nouveaux critères…), l’amélioration de la disponibili-té de médicaments et d’intrants nutritionnels, et du système d’information sanitaire (récolte de données et production de statistiques fiables). Ce projet d’un coût global de 331.788.300 FCFA dont 263.999.554 FCFA demandés à UNICEF, a débuté le 1 octobre 2013 et a pris fin en decembre 2015.

2-Objectif

L’objectif du projet est d’appuyer le passage à l’échelle de la stratégie PCIMA dans la région sanitaire du Sahel

3-Résultats attendus

Résultat 1 : le dispositif de prévention, dépistage et prise en charge de la malnutrition aiguë au niveau communautaire est renforcé par la participation de tous les acteurs clés

Résultat 2 : la qualité de la prise en charge de la malnutrition aiguë et l’intégration entre les trois niveaux de soin sont améliorées 

Résultat 3 : le circuit d’approvisionnement en intrants et médicaments pour le traitement systématique est amélioré dans la Région du Sahel 

Résultat 4  : les capacités des acteurs du système sanitaire régional dans la gestion des données sur la malnutrition sont améliorées

4-Bénéficiaires

Les bénéficiaires directs des activités de dépistage sont 452.957 enfants de 0-59 mois, 124.485 femmes enceintes et 154.619 femmes allaitantes estimés sur la période mi-2013 à mi-2015. Les bénéficiaires directs du renforcement des capacités de gestion du circuit et des intrants sont les 4 équipes cadre des districts sanitaires de Djibo, Dori, Gorom-Gorom et Sebba, l’équipe de la Direction Régionale de la Santé du Sahel, ainsi que les 81 infirmiers chefs de poste des CSPS. Concernant le renforce-ment des capacités de prise en charge, les bénéficiaires directs en sont les agents de santé des niveaux ambulatoire et interne et les agents de santé communautaire dont les compétences en dépistage, suivi du traitement à domicile et prise en charge des épisodes de diarrhée sont renforcées.
Enfin, les bénéficiaires directs des activités au niveau communautaire sont les 1302 ASC, 1302 leaders coutumiers, religieux, féminins et administratifs, 1302 tradipraticiens ainsi que 1302 grand-mères.
Les bénéficiaires indirects de l’action sont toute la population de la Région du Sahel, ciblée par les sensibi-lisations sur les bonnes pratiques nutritionnelles et, en général, sur l’importance de l’adhésion aux cam-pagnes nationales de santé.

5-Activités réalisées

  • Sensibiliser la communauté sur la prévention – dépistage – traitement de la malnutrition ;
  • Déployer un programme d’éducation des mères accompagnantes des malnutris hospitalisés aux CRENIs ;
  • Favoriser l’instauration d’un système d’évacuations sanitaires endogènes à l’échelle régionale ;
  • Élargir à l’échelle régionale le FBR sur le dépistage et référencement du niveau communautaire ;
  • Intégrer les activités de dépistage nutritionnel à toutes les activités de masse des DS ;
  • Améliorer le système de référence et contre-référence des cas de malnutrition aiguë aux CSPS et aux CRENIs ;
  • Effectuer une supervision formative conjointe des agents de santé des CSPS et des CRENI tous les trimestres
  • Appuyer les ICP dans le monitorage des activités communautaires et les ECD dans le monitorage de la PEC ambulatoire ;
  • Organiser des cadres de concertation trimestriels en nutrition au niveau des districts ;
  • Appuyer les DS à évaluer semestriellement les besoins des CSPS et des CRENIs en intrants et médica-ments ;
  • Renforcer la maîtrise de la consommation des stocks ;
  • Mettre en oeuvre un dispositif performant d’approvisionnement à temps des DS, des CSPS et des CRENIs en intrants et médicaments ;
  • Participer au plaidoyer national pour l’introduction des intrants nutritionnels dans la liste des MEG ;
  • Renforcer le dispositif de rapportage régulier des activités de dépistage et traitement de la MAS à tous les niveaux ;
  • Appuyer les DS dans l’estimation annuelle des cas de MAS et des MASC attendus ;
  • Renforcer le dispositif régional de validation des données.

 

 

Mot de la Directrice Pays de Help
La vision de Help est un monde où tous les hommes, femmes et enfants peuvent vivre de manière autonome dans la dignité, la paix et la sécurité. Le contexte du Burkina Faso est marqué par un indice de (...)